Le retard québécois en commerce électronique – C’est grave là!

sit-down-we-need-to-talkCher Québécois / Québécoise entrepreneur / entrepreneure. Il faut qu’on se parle. J’ai dernièrement lu l’étude CEFRIO: «Indice du Commerce électronique au Québec» de 2015. On y voit plusieurs figures et statistiques sur l’état actuel du commerce électronique au Québec. Des figures et des statistiques que je trouve personnellement alarmantes.

On va se le dire, ce n’est plus un secret, au niveau du commerce électronique, on est en retard au Québec. Je vais direct au point et j’enlève les gants blancs. Ce n’est plus une question de prendre action afin de capitaliser, c’est une question de rattraper notre retard afin de ne pas mourir en tant qu’entreprise.

FAIT SAILLANT #1 : la principale raison de ne pas vendre en ligne c’est que «les produits ou services de l’entreprise ne se prêtent pas à la vente sur Internet».

 

PretePasAuxVentesEnLigneJe suis pas mal certain que la majorité des entreprises ayant répondu ceci ont tort. En fait, ils n’ont sûrement même pas fait l’exercice de vérifier si leur marché est en ligne. Les internautes québécois (consommateurs et entreprises) sont de plus en plus portés à se procurer des biens ET services en ligne. On parle de tout type de produits, allant de l’alimentation aux matériaux de construction. Si on prend le temps de bien faire le tout, on y trouvera son compte, même si ce n’est que pour donner les outils décisionnels à votre clientèle ciblée.

Les gens effectuent énormément de «showrooming». Ils sont en magasin, comparent les produits de vos compétiteurs avec les vôtres et procèdent à des achats par la suite. Le prix n’est pas toujours le facteur important non plus, mais votre proposition de valeur trouvera son marché cible lors de ces comparaisons.

Ce qui me surprend, c’est que plus de 90% des entreprises ont une présence informative en ligne. Tant qu’à faire le pas au numérique, faites-le au complet et d’une façon profitable. D’avoir tout simplement un site Web informatif n’atteindra pas vos objectifs de ventes, c’est certain. Assurez-vous de tout mettre en main pour vos consommateurs. Ils veulent prendre action envers vous, mais vous les en empêchez. Arrêtez de voir le Web comme une dépense : voyez-le comme un investissement qui aura un retour si vous vous en occupez de façon responsable.

FAIT SAILLANT #2: les entreprises comptent investir en majorité (67%) moins de 10 000$ sur leur plateforme de commerce électronique (même ceux qui doivent en développer une).

InvestissementCe chiffre est très bas selon moi, surtout si on souhaite démarrer sa plateforme en ligne. Il faut tenir compte de la stratégie numérique, des contenus à créer afin d’emmener du trafic à votre présence, la création de la plateforme, le maintien de cette dernière, la promotion et la logistique à mettre en place. À quelques exceptions près (artisans et petites entreprises), il faut voir la création de la boutique comme un investissement à long terme afin d’aider votre entreprise à être viable.

Il faut penser aux logistiques opérationnelles, comme la livraison des produits et les plateformes de traitement des paiements en établissant notre commerce électronique. Ce sont des éléments qui peuvent, à eux seuls, complexifier votre présence et sa mise en place. Heureusement, il y a des organismes qui pourront vous aider à financer votre projet si c’est un enjeu (comme la BDC).

FAIT SAILLANT #3: les pourcentages de «ne sait Pas»

NeSaitPas

Dans le rapport de CEFRIO, allez à la page 21. Le pourcentage des entreprises ne sachant pas leur taux de conversion de clientèle intéressée à devenir une clientèle payante s’approche toujours du 40%. Ceci implique qu’environ 40% des entrepreneurs qui ont déjà une présence en ligne ne savent même pas si ça fonctionne pour eux. C’est absolument incroyable! Imaginez avoir un magasin brique et mortier, pour lequel vous ne connaissez pas son efficacité et son volume de vente. C’est primordial de mesurer ces informations afin de voir si la boutique en ligne fonctionne et quoi faire pour améliorer le tout.

Pire encore, les entrepreneurs ne savent pas en majorité (59%) le taux d’abandon des paniers d’achats. C’est à croire que le Web fait peur de par sa “nouveauté” et que les entreprises ne daignent pas y jeter un coup d’oeil. On dirait qu’on construit les présences et qu’ensuite on se ferme les yeux et on croise les doigts. Pourquoi faire ça, quand on a tous les chiffres en main afin de savoir si ça fonctionne et qui aider à prendre des décisions afin d’améliorer la situation? C’est quasiment faire exprès afin de mettre notre succès entre les mains du hasard.

Si vous avez trop peur, il existe une panoplie d’experts dans le domaine qui vous aideront non seulement à améliorer votre commerce électronique, mais l’ensemble de votre présence numérique (réseaux sociaux, promotions en ligne, stratégie d’infolettres, etc.)

FAIT SAILLANT #4: la localisation

VendeAuQuebec

La vérité, c’est qu’étant donné le manque de présence en ligne des entreprises québécoises, les consommateurs se sont tournés vers des solutions comme Amazon, AliExpress, Ebay et plusieurs autres. Des plateformes pour lesquelles les livraisons peuvent être longues et ardues. L’incertitude face aux produits et services n’est pas nécessairement positive. Pourtant, la clientèle y est. Elle y est, et elle achète!

Parmi le peu d’entreprises québécoises qui vendent en ligne, 69.5% d’entre elles ne le font qu’au Québec seulement. Les marchés internationaux nous pilent dessus et prennent des parts de marchés majoritaires. Pourquoi nous empêcher d’aller faire valoir notre proposition de valeur ailleurs? Vos produits et vos services ont aussi une valeur en dehors du Québec. Il s’agit tout simplement d’investir le temps et l’effort afin de le faire comme il se doit.

DE GRÂCE, AGISSEZ!

3040789869_aeec2cd54e_zJe vous invite fortement à lire le rapport. Nous tirons de la patte, et on se doit d’agir. On se doit de s’activer, parce que nous sommes dans un double pétrin, ici au Québec. Au premier degré, les entreprises pensent à tort qu’ils ne peuvent pas vendre en ligne, même si les consommateurs et les entreprises prouvent par leurs actions leur intérêt à le faire. Au deuxième degré, non seulement sommes-nous absents, mais ceux qui osent le commerce électronique se limitent à un marché local.

Le commerce électronique est en constante augmentation de revenus générés. Le brique et mortier restent majoritaire, mais sont maintenant accompagnés du numérique de différente façon. Les gens se déplacent beaucoup moins en magasin. On parle d’une diminution de 15% de déplacement en magasin lors des 3 dernières années. Pourtant, les ventes continuent d’augmenter d’année en année. La grosse croissance est en effet du côté du numérique.

Vous vous devez au moins de regarder à mettre en place une stratégie de commercialisation en ligne. Ne le faites pas pour vous en débarrasser, faites-le pour que ça fonctionne aussi. Vous n’avez pas d’excuses, le Web est entièrement calculable!

Je me demandais, il y a quelque temps, si lorsque le téléphone est arrivé, les gens se disaient: “je ne veux pas de téléphone dans mon magasin, ça va m’empêcher de servir ma clientèle”. Pourtant, c’est une décision sans réflexion de nos jours. Le Web est un autre canal de communication, qui est disponible dans la poche de presque tous vos acheteurs potentiels de nos jours, avec le téléphone mobile, la tablette et maintenant la phablette. Enweille en ligne!

 

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